Salle de bain et sécurité électrique
La salle de bain : un lieu humide avec des risques électriques spécifiques

Construire une installation électrique dans un lieu humide, comme une salle de bain, demande une attention particulière. En effet, l’eau, la vapeur et l’humidité augmentent les risques de court-circuit et de choc électrique. De plus, dans ces lieux, la résistance du corps humain diminue, ce qui augmente le danger en cas de défaut.

Mise à jour 2026-2027 (Belgique) : les règles applicables tiennent compte des modifications du RGIE entrées en vigueur le 1er mars 2025 pour les lieux contenant une baignoire et/ou une douche. Ces règles restent à appliquer en 2026-2027, sauf nouvelle modification officielle.

Installation électrique dans une salle de bain : règles RGIE Belgique 2026-2027

1. Première étape : déterminer les influences externes

Avant de réaliser une installation électrique dans un lieu humide, il faut compléter le document des influences externes. Dans une salle de bain, les influences les plus importantes sont généralement :

  • BB : l’état du corps humain ;
  • BC : le contact des personnes avec le potentiel de terre ;
  • AD : la présence d’eau.

Ce document doit correspondre à la situation réelle du lieu. Il est ensuite vérifié lors du contrôle par l’organisme agréé, qui vérifie aussi la cohérence entre le document et l’installation.

1.1. L’état du corps humain (BB)

CodeÉtat du corps humain
BB1Peau sèche ou humide (ex. sueur)
BB2Peau mouillée
BB3Peau immergée dans l’eau

1.2. Contact des personnes avec le potentiel de terre (BC)

CodeContact avec le potentiel de terreConditionsExemples
BC1NulLocaux ou emplacements non conducteursSols/parois isolants, peu ou pas d’éléments conducteurs
BC2FaibleLes personnes ne touchent pas normalement des éléments conducteurs reliés au potentiel de terreLocaux secs avec peu d’éléments conducteurs
BC3FréquentContact fréquent avec des éléments conducteurs au potentiel de terreSols/parois conducteurs, nombreux éléments conducteurs
BC4ContinuContact continu avec des éléments conducteurs au potentiel de terreEnceintes conductrices (cuves métalliques, réservoirs, etc.)

1.3. Présence d’eau (AD)

CodePrésence d’eauConditionsExemples
AD1NégligeablePas de trace d’humiditéSéjours, chambres, bureaux
AD2Temporairement humideChutes verticales de gouttes (condensation, vapeur occasionnelle)Cuisines, caves, terrasses couvertes
AD3HumideRuissellement / aspersion d’eau / eau tombant en pluie (max 60° avec la verticale)Locaux techniques humides
AD4MouilléRuissellement et projections d’eau dans tous les sensChantiers, saunas, chambres froides
AD5ArroséJets d’eau sous pression dans tous les sensBatteries de douches, locaux de lavage
AD6Paquets d’eauLavage au jet d’eau et paquets d’eauJetées, quais, plages
AD7ImmergéProfondeur d’eau ≤ 1 mBassins peu profonds
AD8SubmergéProfondeur d’eau > 1 mBassins profonds

2. Deuxième étape : appliquer les règles spécifiques “baignoire / douche” (RGIE 2026-2027)

En plus des influences externes, les lieux contenant une baignoire et/ou une douche doivent respecter les prescriptions spécifiques du RGIE. Depuis la mise à jour entrée en vigueur en 2025 (toujours applicable en 2026-2027), la délimitation des volumes a été revue.

  • Dans les salles de bain, on retient principalement les volumes 0, 1 et 2.
  • Dans certaines configurations de douche, la délimitation est simplifiée (selon la configuration réelle).
  • L’ancien volume 3 n’est plus utilisé dans la nouvelle approche.
  • Le choix du matériel autorisé dépend du volume, de la tension, du degré de protection IP et de la classe du matériel.

Important : la conformité ne dépend pas d’un seul tableau. Elle dépend de l’ensemble de l’installation (volumes, protections, équipotentialité, circuits, mise à la terre, matériel utilisé, notices fabricant et conditions réelles du lieu).

3. Troisième étape : choisir le matériel et les protections

Le choix des appareils, des canalisations et des protections se fait à partir des influences externes et des volumes de la salle de bain/douche. Voici des repères utiles.

3.1. En fonction de l’état du corps humain (BB)

CodeÉtat du corps humainCaractéristiques du matériel / mise en œuvre
BB1Peau sèche ou humide (sueur)Conditions normales, sous réserve des autres influences et règles du lieu
BB2Peau mouilléeMesures de protection adaptées requises
BB3Peau immergée dans l’eauMesures de protection renforcées et matériel adapté requis

3.2. En fonction du contact avec le potentiel de terre (BC)

CodeContact avec le potentiel de terreClasse 0 / 0IClasse IClasse IIClasse III
BC1NulAdmis (selon autres règles applicables)AdmisAdmisAdmis
BC2FaibleAdmis (selon autres règles applicables)AdmisAdmisAdmis
BC3FréquentEn pratique à éviter / souvent non admis selon mesures de protectionAdmis sous conditions de protectionAdmisAdmis
BC4ContinuNon admisUniquement sous conditions strictesSelon mesures de protection requisesSouvent privilégié selon le cas (TBTS / SELV)

Remarque : l’admissibilité exacte dépend des mesures de protection mises en œuvre, du volume concerné et des prescriptions RGIE applicables.

3.3. À quoi correspondent les classes de matériel ?

ClasseDescription simplifiée
0 / 0IMatériel avec isolation fonctionnelle (catégories anciennes / limitées selon contexte ; à vérifier selon RGIE et type de local)
IMatériel avec isolation fonctionnelle + liaison de protection (terre) des masses métalliques
IIMatériel à double isolation (pas de liaison de protection à la terre nécessaire)
IIIMatériel alimenté en très basse tension de sécurité (TBTS / SELV), avec protection renforcée contre les chocs électriques

3.4. En fonction de la présence d’eau (AD) : repère sur l’indice IP

Le degré de protection IP du matériel doit être adapté à l’humidité et aux projections d’eau. Le tableau ci-dessous donne un repère général. En salle de bain, il faut en plus respecter les exigences liées aux volumes.

CodePrésence d’eauDegré de protection (repère)
AD1NégligeableIPX0 : pas de protection spéciale contre l’eau
AD2Temporairement humideIPX1 : gouttes d’eau verticales
AD3HumideIPX3 : eau en pluie / projection jusqu’à 60°
AD4MouilléIPX4 : éclaboussures dans toutes les directions
AD5ArroséIPX5 : jets d’eau
AD6Paquets d’eauIPX6 : jets d’eau puissants
AD7ImmergéIPX7 : immersion temporaire (selon conditions fabricant)
AD8SubmergéIPX8 : immersion prolongée (selon spécifications fabricant)

4. Quelques règles d’or (RGIE Belgique 2026-2027)

  • Choisissez des canalisations électriques adaptées au lieu humide, en évitant que l’eau ou la condensation puissent les endommager.
  • Vérifiez que le degré de protection IP du matériel est compatible avec les influences externes et avec le volume de la salle de bain/douche.
  • Prévoyez, si nécessaire, un système d’évacuation de l’eau/condensation dans les canalisations ou enveloppes.
  • Respectez les règles de mise à la terre, de liaison équipotentielle et de protection différentielle prévues par le RGIE.
  • Dans les zones à risque élevé, privilégiez les solutions adaptées (par ex. matériel approprié, TBTS/SELV lorsque requis, matériel de classe adaptée).
  • Vérifiez toujours les notices fabricant (indice IP, conditions d’installation, volume autorisé, tensions admises).

Conseil pratique : pour une salle de bain, la conformité ne se limite pas au choix d’un appareil. Le contrôleur vérifie l’ensemble de l’installation (volumes, protections, circuits, terre, équipotentialité, matériel posé et emplacement réel).

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