Procédure CERGA · BELAC ISO 17020
Test d'étanchéité gaz : pression, durée et seuils DGI expliqués
Le test d'étanchéité est la mesure clé de tout contrôle gaz par un organisme agréé BELAC. Cette page détaille la procédure exacte : pression d'épreuve neuf vs existant, durée, matériel, seuil DGI, et que faire en cas d'échec. Rédigé par les inspecteurs Atlas qui réalisent plus de 3 000 tests par an en Belgique.
Installation neuve : 150 mbar pendant 10 minutes
Une installation neuve (jamais mise en service par votre distributeur) se teste à la pression d'épreuve de 150 mbar au manomètre de précision pendant 10 minutes minimum. Cette pression élevée (7 à 8 fois la pression de service) simule toutes les sollicitations futures et révèle les défauts d'assemblage avant que l'installation soit mise sous gaz.
Procédure étape par étape :
- L'installation est purgée à l'air ou à l'azote (jamais au gaz pendant le test).
- Le manomètre numérique est raccordé sur une prise de mesure dédiée (souvent près du robinet d'arrêt principal).
- Mise sous pression progressive à 150 mbar, fermeture de tous les robinets d'utilisation.
- Stabilisation thermique 2-3 minutes (le gaz comprimé chauffe légèrement).
- Lecture initiale, chronomètre lancé.
- Lecture finale à 10 minutes. Aucune chute admise : la pression doit rester à 150 mbar ± résolution du manomètre.
Si une chute est observée, l'inspecteur recherche la fuite à l'eau savonneuse sur chaque raccord, ou par recompression progressive avec localisation au détecteur électronique de gaz résiduel.
Installation existante : JAMAIS 150 mbar — voici pourquoi
Erreur grave que commettent encore certains contrôleurs mal formés : tester une installation existante à 150 mbar.
Sur une installation en service depuis plusieurs années, le compteur gaz contient un boisseau conique (un dispositif d'arrêt rotatif) dont l'étanchéité dépend du graissage et de la précision d'usinage. Avec le temps, ce boisseau s'use. Si vous appliquez 150 mbar à l'amont, vous risquez de soulever le boisseau — et de souffler de l'air sous pression dans le réseau de distribution du GRD (Sibelga, ORES, RESA, Fluvius).
Conséquence : pollution du réseau gaz par de l'air, risque d'inflammation incontrôlée à la prochaine mise en service, et responsabilité juridique de l'organisme qui a fait le test. Cette règle est explicite dans le protocole CERGA.
Test correct sur existant : à la pression de service (20-25 mbar) selon le gaz distribué. La pression est lue, l'installation isolée, et la stabilité vérifiée pendant 10 minutes. C'est moins sensible aux micro-fuites que le test à 150 mbar, mais c'est la seule méthode sûre sur une installation déjà en service.
Le seuil DGI : 1 litre toutes les 10 minutes
Le DGI (Danger Grave et Immédiat) est le seuil chiffré au-delà duquel un organisme BELAC doit fermer le compteur immédiatement. Sa valeur officielle :
1 litre / 10 minutes = 6 L/h
Au-delà : fermeture immédiate + autocollant DANGER. En-dessous : non-conformité type 2 (admise temporairement avec signature client).
Ce seuil semble petit, et il l'est. Pour comparaison, une fuite de 6 L/h représente environ 50 m³ de gaz perdu par an — ce qui à 0,80 €/m³ fait 40 € de surcoût annuel. Mais le danger n'est pas économique : c'est l'accumulation possible dans un local mal ventilé, qui peut créer une atmosphère explosive (5-15 % de gaz dans l'air = mélange inflammable).
Procédure si DGI dépassé
- L'inspecteur ferme le compteur (vanne client en amont).
- Un autocollant rouge DANGER est apposé sur le compteur.
- Le PV mentionne explicitement « installation non conforme — danger imminent ».
- Vous devez faire intervenir un installateur CERGA pour localiser et réparer la fuite.
- Atlas revient ensuite faire une contre-visite (95 € TVAC) — seuls les points corrigés sont contrôlés.
Procédure si DGI non dépassé (fuite < 1 L/10 min)
C'est une non-conformité type 2. L'installation reste en service, mais le PV mentionne la fuite et vous signez par écrit que vous prendrez les mesures correctives dans un délai raisonnable. Cette signature engage votre responsabilité : en cas d'accident lié à cette fuite avant correction, vous êtes considéré comme ayant été averti.
Matériel de test : ce que regarde un bon contrôleur
Trois équipements essentiels pour un test d'étanchéité conforme BELAC :
📊 Manomètre numérique étalonné
Résolution 0,1 mbar minimum. Étalonné annuellement avec certificat traçable (norme ISO 17020). Les manomètres mécaniques Bourdon ne sont plus admis en contrôle officiel.
🔍 Détecteur électronique de gaz
Pour localiser précisément une fuite après détection d'une chute de pression. Sensibilité 5-10 ppm de méthane. Calibration semi-annuelle.
🧴 Eau savonneuse + pinceau
Méthode complémentaire historique : badigeon des raccords, formation de bulles si fuite. Toujours utile sur les raccords difficiles d'accès au détecteur électronique.
Questions fréquentes
À quelle pression se fait le test d'étanchéité gaz ?
Cela dépend du statut de l'installation. Sur une installation NEUVE (jamais mise en service), le test se fait à 150 mbar pendant 10 minutes au manomètre de précision : c'est la pression d'épreuve qui simule les sollicitations futures. Sur une installation EXISTANTE, le test se fait à la pression de service de 20-25 mbar — jamais à 150 mbar, car cela risque de soulever un boisseau conique vétuste et de souffler de l'air dans le réseau du GRD.
Combien de temps dure le test d'étanchéité ?
10 minutes minimum. La pression doit rester rigoureusement stable pendant toute la durée. Toute chute, même de 1-2 mbar, signale une fuite à localiser. Sur une grosse installation industrielle, le test peut être prolongé à 30 minutes pour intégrer la stabilisation thermique du gaz.
Quel est le seuil DGI (Danger Grave et Immédiat) ?
Le seuil DGI est de 1 litre toutes les 10 minutes, soit 6 L/h. Au-delà : fermeture immédiate du compteur par l'inspecteur + autocollant DANGER sur l'installation. En dessous : non-conformité de type 2 (admise temporairement avec signature obligatoire du client par écrit). Cette mécanique double seuil est la procédure exacte appliquée par tout organisme BELAC en Belgique.
Avec quel appareil le test d'étanchéité est-il fait ?
Manomètre numérique de précision (résolution 0,1 mbar) raccordé sur une prise de mesure dédiée. Atlas utilise des appareils étalonnés annuellement et tracés (norme BELAC ISO 17020). Les manomètres mécaniques type Bourdon ne sont plus utilisés en contrôle officiel — leur précision est insuffisante.
Que se passe-t-il si le test échoue ?
Si fuite ≥ DGI : compteur fermé immédiatement, l'installation reste hors service jusqu'à correction. Vous devez faire intervenir un installateur CERGA pour localiser et réparer la fuite. Atlas revient ensuite faire une contre-visite (95 € TVAC) — uniquement les points corrigés sont contrôlés, et un nouveau PV est délivré si la fuite est résorbée.
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