Guide pratique · RGIE Livre 1
Préparer votre contrôle électrique
Schéma unifilaire, plan de position, symboles graphiques officiels et checklist du jour J. Un contrôle préparé est plus rapide, moins cher et a beaucoup plus de chances d'aboutir à un procès-verbal conforme dès la première visite.
1. Pourquoi préparer son contrôle ?
Un contrôle électrique RGIE n'est pas une formalité administrative : c'est une vérification de sécurité qui engage la responsabilité de l'organisme agréé. Pour pouvoir certifier une installation, l'inspecteur a besoin de la comprendre avant de la tester. Les documents prévus par la réglementation (schéma unifilaire + plan de position) servent précisément à ça.
Quand ces documents sont absents ou incomplets, trois scénarios se présentent :
- Le contrôle prend deux fois plus de temps — l'inspecteur doit reconstituer le schéma de l'installation à partir du tableau, ouvrir les boîtes, lever les doutes.
- Personne ne peut les improviser pour vous — l'indépendance ISO 17020 interdit à l'organisme d'établir les documents qu'il contrôle ; seuls vous-même ou votre électricien pouvez les dresser.
- Le PV peut être non-conforme par défaut documentaire — même si l'installation physique est parfaite, l'absence de schémas est un point de non-conformité explicite du RGIE.
💡 À retenir : 30 minutes de préparation à l'avance économisent en général 30 à 60 minutes de visite, et évitent une infraction documentaire au PV. Pour une copropriété ou un bâtiment tertiaire, le gain peut être de plusieurs heures.
2. Les deux documents obligatoires
Quelle que soit la nature du contrôle (vente, réception nouvelle installation, modification importante, périodique 25 ans, location courte durée), deux documents doivent être présents :
Schéma unifilaire
Représentation linéaire de l'installation : compteur, tableau général, sous-tableaux, départs, protections, circuits terminaux. C'est la colonne vertébrale électrique du bâtiment.
→ En savoir plusPlan de position
Représentation géographique : où se trouvent physiquement les prises, points lumineux, interrupteurs, tableaux, etc. C'est la cartographie de l'installation.
→ En savoir plusLes deux documents sont complémentaires : le schéma unifilaire explique « comment c'est câblé », le plan de position dit « où c'est physiquement ». L'un sans l'autre ne suffit pas au sens du RGIE. Vous faites aussi contrôler une installation gaz ? Consultez notre guide Préparer votre contrôle gaz (schéma isométrique inclus).
3. Le schéma unifilaire en détail
Le schéma unifilaire représente, sous forme de lignes simples (« unifilaires »), l'arborescence électrique de votre installation. Il doit montrer :
- Le raccordement au réseau (compteur, point de livraison, EAN éventuel).
- Le tableau général et tous les sous-tableaux avec leurs liaisons.
- Les dispositifs de protection de chaque circuit : type (disjoncteur, fusible), calibre (16 A, 20 A, 32 A…), courbe (B, C, D), pouvoir de coupure.
- Les différentiels : type (AC, A, F, B), sensibilité (30 mA, 300 mA), circuits protégés.
- Les circuits terminaux : nombre, section des conducteurs (1,5 mm² / 2,5 mm² / 4 mm² / 6 mm²…), type de câble.
- Les sources productrices : onduleur photovoltaïque, batterie, groupe électrogène, borne de recharge VE — depuis 2023, le RGIE impose explicitement leur représentation.
- Les liaisons équipotentielles et la mise à la terre.
Sur un schéma bien fait, on doit pouvoir reconstituer mentalement le câblage de toute l'installation sans ouvrir le moindre boîtier. C'est l'objectif.
4. Le plan de position en détail
Le plan de position est dessiné sur un plan d'architecte ou un croquis à l'échelle du bâtiment. Il indique la position physique de tous les éléments suivants, repérés avec les mêmes désignations que sur le schéma unifilaire :
- Tableaux de répartition et de manœuvre.
- Boîtes de connexion.
- Boîtes de dérivation.
- Socles de prise de courant.
- Points lumineux.
- Interrupteurs.
- Machines et appareils fixes.
- Sources (transformateur, panneau solaire, onduleur, batterie, etc.).
Pour un logement standard (≤ 150 m²), un plan unique suffit généralement. Pour un bâtiment à étages, on prévoit un plan par niveau. Pour un site industriel, un plan par zone fonctionnelle.
💡 Astuce : partez du plan d'architecte du bien (souvent fourni à l'achat) et placez les symboles directement dessus. Un logiciel comme QElectroTech (gratuit, open-source) ou même Inkscape suffit. À défaut, un dessin manuel propre et lisible est légalement valable.
5. Les symboles graphiques officiels du RGIE
Les deux documents (schéma unifilaire et plan de position) doivent utiliser les symboles graphiques normalisés du RGIE (Livre 1, section 3.1.4). Voici la planche officielle, complète et à jour des modifications de l'AR du 5 mars 2023 (ajout des symboles pour bornes de recharge, sources photovoltaïques, batteries domestiques, domotique).
📐 Cliquez sur une image pour l'agrandir. La planche couvre l'ensemble des symboles normalisés actuellement en vigueur en Belgique.
6. Checklist du jour J
Au-delà des documents, voici ce qu'il faut prévoir le jour du contrôle pour qu'il se déroule au mieux :
- Accès au tableau général dégagé : aucune armoire, rangement ou plante devant. L'inspecteur a besoin de pouvoir intervenir librement.
- Accès à tous les locaux : la totalité du logement doit être ouverte (chambres, caves, greniers, garages, dépendances).
- Tous les disjoncteurs en position fermée (ON) — si certains sont à l'arrêt, l'inspecteur ne pourra pas tester les circuits correspondants.
- Code EAN (sur la facture d'électricité, 18 chiffres commençant par 54).
- Procès-verbal précédent si disponible (utile en cas de re-contrôle après modifications).
- Documents des modifications : factures de l'électricien, plans d'extension, attestations de mise en service photovoltaïque.
- Une personne majeure présente pendant toute la durée de la visite, capable d'ouvrir les pièces et de répondre aux questions.
- Animaux en sécurité — l'inspecteur passe dans toutes les pièces, y compris celles habituellement fermées.
7. Questions fréquentes
Le schéma unifilaire et le plan de position sont-ils obligatoires ?
Oui. Le RGIE impose la présence des deux documents lors du contrôle. Ils doivent être présentés à l'inspecteur sur place, dans une version à jour de l'installation réellement en service.
Que faire si je n'ai pas les schémas ?
L'inspecteur ne peut pas les établir à votre place : l'indépendance ISO 17020 interdit à l'organisme de créer les documents qu'il contrôle, et leur absence est actée comme infraction au PV. Préparez-les à l'avance — vous-même (l'outil en ligne gratuit d'Atlas peut vous y aider) ou avec votre installateur.
Faut-il utiliser des symboles précis ?
Oui, les symboles graphiques utilisés doivent suivre la norme RGIE (Livre 1, section 3.1.4). Une planche officielle est disponible en téléchargement plus haut sur cette page.
Le contrôleur peut-il refuser de contrôler ?
Si les documents sont absents ou trop incomplets pour identifier l'installation, ou si l'inspecteur n'a pas accès au tableau et aux points à contrôler, la visite peut être interrompue. Une indemnité est alors due, conformément à nos conditions générales de vente.
Quelle est la durée moyenne d'un contrôle bien préparé ?
30 à 60 minutes pour une habitation moyenne quand les documents sont prêts et que l'accès à tous les locaux et appareils est assuré, contre 90 à 120 minutes lorsqu'il faut reconstituer la documentation sur place.
Prêt pour votre contrôle ?
Atlas Contrôle est un organisme agréé BELAC ISO 17020 (n° 663-INSP) pour le contrôle des installations électriques en Belgique. Nous intervenons à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre depuis 4 antennes.