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NBN B 61-001 · AR Incendie · BELAC ISO 17020

Chaufferie gaz ≥ 70 kW : NBN B 61-001, REI 60, sas, ventilation

Dès que la puissance nominale cumulée des appareils dans un même local atteint 70 kW, votre installation bascule dans NBN B 61-001 et devient une chaufferie réglementée. Parois REI 60, sas spécifique, ventilation calculée, vanne de sectionnement extérieure, plan d'urgence affiché : Atlas Contrôle vous donne la check-list complète qu'un organisme BELAC vérifiera lors de la réception et des contrôles périodiques. Guide rédigé pour syndics, gestionnaires d'immeuble, copropriétés, écoles, ateliers, maisons de repos, hôpitaux.

Le seuil 70 kW : ce qui bascule entre NBN B 61-002 et B 61-001

La frontière réglementaire est précise : dès que la puissance nominale totale installée (Pt) dans un même local atteint 70 kW, l'installation cesse d'être une simple installation domestique (NBN B 61-002) et devient une chaufferie au sens de NBN/DTD B 61-001:2021. La puissance prise en référence est la puissance utile à régime nominal Pn en 80/60 °C (NBN EN 483) — c'est-à-dire celle indiquée sur la plaque signalétique du générateur, pas la puissance modulée mini ni la puissance condensation à 50/30 °C.

Point capital : c'est la somme des puissances installées dans le local qui compte, pas chaque appareil individuellement. Conséquence concrète pour beaucoup de copropriétés et HoReCa :

  • 1 chaudière de 75 kW → chaufferie (Pt = 75 kW > 70).
  • 2 chaudières de 40 kW dans la même cave → chaufferie (Pt = 80 kW > 70). C'est l'erreur la plus fréquente que nous voyons.
  • 1 chaudière de 50 kW + 1 ballon ECS gaz instantané de 30 kW dans le même local → chaufferie (Pt = 80 kW).
  • 2 chaudières de 40 kW dans deux locaux séparés (parois résistantes au feu) → pas de chaufferie sur chaque local pris individuellement.

La NBN B 61-001 répartit ensuite les chaufferies en trois classes qui conditionnent les exigences d'accès, de plancher et de ventilation :

Classe Puissance Pt Public cible typique
I 70 kW < Pt ≤ 450 kW Copropriété moyenne, école, restaurant, atelier
II 450 < Pt ≤ 2 000 kW Grande copropriété, maison de repos, hôtel
III Pt > 2 000 kW Hôpital, complexe scolaire, gros tertiaire

Pour un bâtiment élevé au sens de l'AR Normes de base (> 25 m), l'AR Incendie annexe 4/1 ajoute une contrainte d'implantation : la chaufferie doit être située soit dans un bâtiment voisin à ≥ 8 m horizontal de tout élément combustible, soit dans le bâtiment mais pas dans ni sous la partie élevée, soit en toiture (option permise pour le gaz naturel, plus léger que l'air).

Local technique dédié : exigences architecturales

La chaufferie est un local technique exclusif. Elle n'est pas un lieu de passage vers d'autres locaux et son accès est strictement réservé au personnel de surveillance et d'entretien. Toutes les parois enveloppantes (murs, planchers, plafond) sont non combustibles, étanches à l'eau, à la vapeur, aux odeurs et aux gaz, et présentent une résistance au feu adaptée au type de bâtiment.

Élément Exigence Référence
Parois courantes (bâtiment bas/moyen) REI 60 minimum, matériaux non combustibles AR Normes base + B 61-001
Parois bâtiment élevé (> 25 m) EI 120 AR Incendie annexe 4/1
Ensemble constructif autour des conduits de fumée EI 120 sur tout le trajet hors chaufferie B 61-001 slide 16
Revêtement intérieur des parois Classe A1 (anciennement A0 belge) B 61-001 slide 20
Portes d'accès EI1 60 (anciennement Rf 1h), s'ouvrent vers l'extérieur, ouvrables sans outil B 61-001 slides 9–13
Bâtiment bas — porte directe (dérogation) Porte EI1 60 à fermeture automatique — jamais vers cage d'escalier, palier d'ascenseur ou local à risque AR Incendie annexe 2/1
Bâtiment élevé — communication Obligatoirement via SAS (voir section suivante) AR Incendie annexe 4/1
Hauteur libre sous plafond ≥ 2,5 m (sol → niveau inférieur des poutres) B 61-001 slide 8
Espace libre au-dessus de l'appareil ≥ 2 m B 61-001 slide 8
Espace libre devant l'appareil ≥ longueur appareil + 1 m (tubes de fumée / ECS démontable) ; ≥ 0,8 m sinon B 61-001 slide 8
Espace derrière / entre appareils / paroi verticale ≥ 0,8 m B 61-001 slide 8
Surcharge plancher classe II / III ≥ 10⁴ N/m² (≈ 1 t/m²) B 61-001 slide 18
Évacuation eaux Coupe-air ventilé + puisard 0,1 m³ (cl. II/III) ; 0,5 m³ + pompe si non gravitaire B 61-001 slide 19

Accès matériel encombrant : un accès extérieur doit permettre l'introduction de l'appareil le plus encombrant — et cet accès doit subsister après l'achèvement du bâtiment (paroi démontable acceptée). En toiture, prévoir les supports d'amarrage d'un appareil de levage pour les remplacements futurs. Classes II et III avec surface > 40 m² OU dimension > 8 m : deux accès dans zones opposées, distants de > 5 m, dont au moins un débouchant directement à l'air libre.

Sas : la règle stricte que tout le monde ignore

En bâtiment élevé, l'accès à la chaufferie se fait obligatoirement via un sas — un local intermédiaire qui sépare la chaufferie du chemin d'évacuation. Caractéristiques minimales (NBN B 61-001 + AR Incendie annexe 4/1) :

  • 2 portes EI1 60 à fermeture automatique (jamais maintenues en position ouverte).
  • Parois EI 120.
  • Superficie minimale 2 m².
  • Le sas ne débouche pas dans une cage d'escalier, ni dans un palier d'ascenseur, ni dans un local à risque particulier.

La règle qui surprend tout le monde

L'AR Incendie (annexe 7 § 2.2) interdit explicitement le passage de toute canalisation dans un sas de chaufferie — à l'unique exception des conduites d'eau. Aucune autre conduite traversante n'est admise : pas même la conduite gaz qui alimente la chaufferie, pas l'électricité, pas la ventilation d'un autre local, pas le réseau ECS bouclé d'un autre bâtiment.

Conséquence pratique sur chantier : la conduite gaz qui alimente la chaufferie doit emprunter un autre cheminement. Le tracé standard consiste à descendre en façade extérieure jusqu'à la vanne de sectionnement EFV (Excess Flow Valve) située à l'extérieur, puis à pénétrer directement dans la chaufferie par une traversée de paroi colmatée (fourreau + colmatage incendie). Toute installation où la conduite gaz passe par le sas est immédiatement non conforme et sera relevée par tout organisme BELAC à la réception.

Cette règle n'est pas une formalité administrative : un sas est par définition un volume tampon dont l'intégrité coupe-feu doit être absolue. Une conduite gaz qui éclate sous l'effet de la chaleur transformerait le sas en torche, anéantissant son rôle protecteur pour les occupants et les secours.

Ventilation chaufferie : amenée d'air basse + évacuation haute

Une chaufferie ≥ 70 kW doit toujours disposer d'une ventilation basse (amenée d'air comburant + air de balayage) et d'une ventilation haute (évacuation). Une bonne ventilation transversale est essentielle : les deux orifices ne doivent pas court-circuiter l'air sans balayer la zone des appareils. Tirage de cheminée et combustion ne doivent pas être perturbés.

Ventilation basse — orifice direct

  • Communication directe avec l'air extérieur.
  • Bord supérieur ≤ ¼ de la hauteur du local (mesuré depuis le sol).
  • Aucun obturateur manuel ou automatique.
  • Grille et treillis à maille autorisés (anti-feuilles / anti-rongeurs).
  • Chaufferies en toiture : orifices orientés vers les vents dominants, répartition sur au moins 2 orientations (de préférence opposées).

Ventilation basse — par conduit

  • Matériau classe A1.
  • EI 120 sur toute la longueur hors chaufferie si traverse d'autres locaux.
  • Pas d'obturateur, le plus court possible.
  • Ouverture coupée en biais à 45° vers la chaufferie.

Ventilation haute — conduit ascendant rectiligne

  • Matériau classe A1, EI 120 si trajet hors chaufferie.
  • Ascendant sur toute sa longueur et rectiligne.
  • Ne peut servir à la ventilation d'autres locaux.
  • Intégré à une cheminée : parallèle à la cheminée, débouché entre 0,5 m et 1,5 m sous le débouché de cheminée.
  • Non intégré : débouche au-dessus de la toiture, le plus éloigné possible des portes/fenêtres des locaux habités.
  • Hauteur extérieure > 2 m : résistance thermique > 0,6 m²·K/W.
  • Extrémité côté chaufferie au ras du plafond ; si débouche en paroi latérale : orifice ≥ 2 dm² au ras du plafond + le reste avec bord supérieur ≤ 35 cm sous plafond.

Ventilation mécanique : règles dérogatoires

1,72 m³/h × Pn (kW)

Débit minimal en ventilation mécanique basse. Pour une chaufferie de 300 kW : 1,72 × 300 = 516 m³/h.

  • Seule la ventilation basse mécanique est autorisée. La ventilation haute reste TOUJOURS naturelle.
  • La ventilation basse naturelle est toujours préférée si possible.
  • Fonctionnement des générateurs asservi à l'existence du flux d'air (sécurité positive — pas de gaz si pas de balayage).
  • Débit peut être adapté automatiquement selon le nombre de générateurs en fonction.

Cas particulier — soupirail unique ≤ 450 kW

Pour une chaufferie ≤ 450 kW, les deux ventilations haute et basse peuvent être remplacées par un soupirail unique aux conditions cumulatives suivantes : profondeur depuis la paroi extérieure ≤ 5 m, et bord supérieur de l'orifice au ras du plafond. C'est la configuration courante en cave de copropriété de classe I.

Équipements de sécurité obligatoires

Au-delà de l'architecture du local, la NBN B 61-001 combinée à la NBN D 51-003 et aux exigences des assureurs impose une série d'équipements de sécurité actifs et passifs. Voici la liste type vérifiée par un inspecteur BELAC à la réception et lors du contrôle périodique :

Vanne de sectionnement gaz EXTÉRIEURE

Vanne quart de tour ou EFV située à l'extérieur de la chaufferie, à proximité immédiate de la porte d'accès. Permet de couper le combustible sans entrer dans le local en cas d'incident. Signalisation jaune normalisée. Coupure énergie électrique également accessible depuis l'extérieur (slide 7 NBN B 61-001).

Détection gaz (capteur méthane)

Détecteur fixe à 30 cm sous plafond (le gaz naturel est plus léger que l'air). Seuils typiques : pré-alarme 10 % LIE, alarme + coupure auto vanne EFV à 20 % LIE. Capteur ATEX exigé. Test annuel obligatoire avec gaz étalon, traçabilité écrite.

Détecteur CO

Recommandé fortement en complément de la détection gaz, en particulier pour les chaudières atmosphériques. Détection du monoxyde de carbone produit par une combustion incomplète. Seuil d'alarme typique 50 ppm sur 30 min ou 100 ppm immédiat. Indispensable si présence humaine régulière (maintenance, technicien).

Détection incendie

Détecteur thermique ou multicritère (chaleur + fumée) raccordé à l'installation de détection incendie générale du bâtiment. Asservissement à la fermeture des portes EI1 60 et à la coupure énergie en option. Obligation renforcée en bâtiment élevé et classe II/III.

Plan d'urgence affiché

Affichage A3 ou A2 plastifié à l'entrée de la chaufferie : coordonnées 24h/24 du gestionnaire, GRD (Sibelga, ORES, RESA, Fluvius), pompiers, procédure en cas de fuite ou départ de feu, schéma simplifié de l'installation, emplacement des vannes EFV. Plaque A5 (148×210 mm) anti-obstruction des ventilations (NBN B 61-001 slide 21).

Signalisation et affichage

Pictogramme « Chaufferie — accès interdit aux personnes non autorisées » sur la porte, signalisation des vannes EFV, étiquetage des canalisations (gaz jaune, eau verte/bleue, électrique gris), repérage des départs de circuits, plan As-Built mis à jour à chaque modification.

Éclairage de sécurité

Bloc autonome d'éclairage de sécurité (BAES) avec autonomie minimale 1 heure, déclenchement automatique en cas de coupure réseau. Particulièrement critique en cave aveugle ou chaufferie de toiture sans lumière du jour.

Extincteurs

Au minimum un extincteur poudre ABC 6 kg accessible immédiatement à l'entrée, complété d'un CO₂ 5 kg pour les départs de feu d'origine électrique. Contrôle annuel obligatoire avec étiquette traçable.

Traversées de parois : toutes les tuyauteries qui traversent les parois de la chaufferie doivent passer dans des fourreaux, et les espaces entre tuyauteries/fourreaux et autour des fourreaux doivent être colmatés pour garantir l'étanchéité et le comportement au feu (NBN B 61-001 slide 16).

Évacuation des fumées en chaufferie ≥ 70 kW

Le conduit de fumée d'une chaufferie obéit à des règles plus strictes que celui d'une chaudière domestique. Matériau adapté à la température et à l'acidité des condensats (généralement inox 316L ou polypropylène PPs T120 pour condensation), diamètre calculé selon la puissance et la longueur réelle équivalente (coudes inclus), ensemble constructif autour du conduit hors chaufferie en EI 120.

Le débouché de cheminée doit se trouver en zone de perturbation I (ou zone II avec aspirateur statique), jamais en zone III. Un obstacle avoisinant est défini comme un obstacle plus haut que le débouché, à moins de 30 m, vu sous un angle ≥ 23° dans le plan horizontal. Pour toiture de pente ≥ 23°, la cheminée doit être implantée aussi près que possible du faîte. Pour toiture plate ou pente < 23°, l'emplacement est libre.

Chaudière atmosphérique en chaufferie de toiture : le débouché doit dépasser d'au moins 1,5 m la sortie de toiture. Distances aux ouvrants des bâtiments voisins selon la puissance installée : 500 kW à 150 m → zones 1-4 OK ; 200 kW à 60 m → zones 1-2 OK ; 1 000 kW à 80 m → seule zone 1 OK.

En immeuble à appartements avec chaudières individuelles, plusieurs configurations sont possibles : conduit polyvalent collectif 3CEp (3 Conduits Collectifs Étanches polyvalent), CLV, LAS ou shunt collectif moderne. Atlas Contrôle a publié un dossier dédié au contrôle gaz incluant la vérification des conduits collectifs.

Sous-stations en immeuble : sous-sol vs toiture

L'AR Incendie annexe 4/1 (bâtiments élevés > 25 m) impose trois implantations possibles pour la chaufferie :

  1. Dans un bâtiment voisin, à ≥ 8 m horizontal de tout élément combustible.
  2. Dans le bâtiment, mais pas dans ni sous la partie élevée (typiquement annexe basse, sous-sol éloigné).
  3. En toiture — uniquement pour gaz plus légers que l'air. Le gaz naturel (densité ≈ 0,55) est éligible ; le propane (densité ≈ 1,5) ne l'est pas.

Chaufferie en sous-sol : avantages et limites

Avantages : compacité, économie d'espace en toiture, proximité réseau d'égout pour les condensats. Limites : interdiction stricte de localisation sous les cages d'escalier, sous les paliers d'ascenseur, sous les locaux à risque particulier ; obligation d'accès direct à l'air libre (au moins un accès) ; ventilations basse et haute par soupiraux ou conduits maçonnés EI 120 qui doivent déboucher en façade ou en patio non couvert.

Chaufferie en toiture : avantages et limites

Avantages : sécurité accrue (fuite gaz naturel évacuée naturellement vers le haut), proximité des conduits de fumée (cheminée courte), évacuation directe à l'air libre pour les ventilations. Limites : surcharge plancher (≥ 10⁴ N/m² pour classe II/III), protection contre intempéries des amenées d'air (vents dominants × 2 orientations opposées), supports d'amarrage d'un appareil de levage pour remplacements futurs, isolation acoustique vis-à-vis des appartements situés directement en dessous.

Restrictions de voisinage

Quelle que soit l'implantation : jamais à proximité immédiate (paroi mitoyenne) de chambres à coucher, de cages d'escalier d'évacuation principales, de locaux destinés à recevoir du public. Une paroi commune avec un appartement doit être doublée (parois + isolation acoustique) pour respecter les seuils de la NBN S 01-400-1 sur le bruit aérien d'équipements techniques. Atlas Pro intervient régulièrement en expertise pour requalifier ces installations vétustes.

Périodicité de contrôle d'une installation gaz non-domestique

Le contrôle d'une installation gaz non-domestique (Pt ≥ 70 kW) se décompose en deux familles d'obligations distinctes : contrôle d'étanchéité et de conformité par organisme BELAC (NBN D 51-003 + B 61-001), et contrôle de combustion (rendement, CO, NOx) imposé par les régions.

Périodicité Configuration type Cadre
Annuelle (1 an) HoReCa, collectif sensible (école, maison de repos, hôpital), générateurs Bruxelles ≥ 100 kW (combustion) Accord régional + BELAC
Biennale (2 ans) Immeuble résidentiel collectif standard, copropriété sans spécificité, atelier tertiaire NBN D 51-003 + Région
Triennale (3 ans) Configuration industrielle avec maintenance interne qualifiée + dossier de suivi traçable Conditions strictes BELAC

Au-delà de l'étanchéité et de la combustion, Atlas Contrôle réalise sur demande un audit de conformité B 61-001 complet : architecture du local, sas, ventilations, équipements de sécurité, signalisation, plan d'urgence, accès. Cet audit est particulièrement demandé par les syndics au moment d'une mutation immobilière, d'une expertise judiciaire ou d'un renouvellement d'assurance.

Top 7 des erreurs en chaufferie collective

1. Sas non conforme — conduite gaz qui le traverse

Erreur n°1 vue en réception. L'AR Incendie n'autorise que les conduites d'eau dans un sas. La conduite gaz doit emprunter la façade extérieure jusqu'à la vanne EFV.

2. Ventilation sous-dimensionnée ou obturée

Grille obturée par feuilles/neige, soupirail trop bas (bord supérieur > ¼ hauteur local), ventilation haute non rectiligne, débit mécanique < 1,72 m³/h/kW. Conduit ventilation haute sans EI 120 hors chaufferie.

3. Vanne de sectionnement gaz absente à l'extérieur

Vanne d'arrêt présente uniquement à l'intérieur de la chaufferie. En cas de fuite ou d'incendie, impossibilité d'isoler le gaz sans entrer dans le local sinistré. Non-conformité majeure relevée systématiquement.

4. Pas de détection gaz (ou détection non testée)

Détecteur ATEX absent, ou présent mais sans test annuel au gaz étalon, ou non asservi à la vanne EFV. Position incorrecte (loin du plafond pour gaz naturel).

5. Pas de plan d'urgence ni affichage de sécurité

Plaque A5 anti-obstruction des ventilations manquante, plan d'urgence A3 absent, coordonnées du gestionnaire / GRD / pompiers non affichées, schéma synoptique non à jour.

6. Accès difficile ou pas conforme

Porte qui s'ouvre vers l'intérieur, accès passant par cage d'escalier ou palier d'ascenseur, deuxième accès manquant pour classe II/III > 40 m², accès matériel encombrant condamné après chantier.

7. REI insuffisant — parois ou trémies non colmatées

Parois en placo standard sans EI 60, trémies de passage de gaines techniques non colmatées au mortier coupe-feu, fourreaux absents sur traversées de canalisations, ensemble constructif autour des conduits de fumée < EI 120 hors chaufferie.

Questions fréquentes

Deux chaudières de 40 kW dans une même cave : est-ce une chaufferie au sens NBN B 61-001 ?

Oui. Le seuil de 70 kW se calcule sur la puissance nominale totale installée (Pt) dans un même local, pas appareil par appareil. Deux chaudières de 40 kW (Pn 80/60 °C) cumulées donnent 80 kW > 70 kW : vous basculez dans NBN B 61-001 et déclenchez les exigences chaufferie classe I (parois REI 60 / EI 120 sur ensemble conduits, sas EI1 60 si bâtiment élevé, hauteur libre 2,5 m, ventilation haute + basse calculée, vanne de sectionnement gaz extérieure, etc.). C'est l'erreur la plus fréquente que nous voyons en copropriété et HoReCa.

Que peut-on faire passer dans un sas de chaufferie ?

Uniquement des conduites d'eau. L'AR Incendie (annexe 7 § 2.2) est explicite : aucune autre canalisation n'est admise dans un sas de chaufferie — pas même la conduite gaz, pas l'électricité, pas la ventilation d'un autre local. Un sas qui contient le réseau gaz qui alimente la chaufferie est immédiatement non conforme. La conduite gaz doit emprunter un autre cheminement, généralement en façade extérieure jusqu'à la vanne de sectionnement, puis pénétration directe dans la chaufferie.

Quel REI pour les parois d'une chaufferie ≥ 70 kW ?

Les parois enveloppantes doivent être non combustibles et résister à l'incendie. Référence pratique : EI 60 pour les parois courantes en bâtiment bas / moyen (selon AR Normes de base 2014), EI 120 pour l'ensemble constructif séparant les conduits de fumée de l'intérieur du bâtiment (NBN B 61-001 slide 16). En bâtiment élevé (> 25 m), les parois passent à EI 120 et l'accès se fait obligatoirement via un sas avec 2 portes EI1 60 et superficie minimale 2 m². Le revêtement intérieur des parois doit être classe A1 (anciennement A0 belge — matériau non inflammable).

Comment dimensionner la ventilation d'une chaufferie ≥ 70 kW ?

Ventilation naturelle : une amenée d'air basse et une évacuation haute, toutes deux en communication directe avec l'extérieur, sans obturateur. Bord supérieur de l'orifice bas ≤ ¼ de la hauteur du local. Conduit ventilation haute : ascendant, rectiligne, matériau classe A1, EI 120 hors chaufferie. Ventilation mécanique : seule la ventilation basse mécanique est autorisée, débit minimal 1,72 m³/h par kW de puissance installée. La ventilation haute reste TOUJOURS naturelle. Les générateurs doivent être asservis à la détection du flux d'air (sécurité positive). Pour chaufferie ≤ 450 kW, un soupirail unique au ras du plafond peut remplacer les deux orifices à condition que la profondeur depuis la paroi extérieure ne dépasse pas 5 m.

La vanne de sectionnement gaz doit-elle vraiment être à l'extérieur de la chaufferie ?

Oui. L'alimentation électrique ET l'alimentation combustible doivent pouvoir être coupées depuis un endroit EXTÉRIEUR à la chaufferie, tout près de la porte d'accès. La logique : en cas de fuite ou d'incendie dans la chaufferie, les pompiers ou le gestionnaire technique doivent pouvoir isoler le gaz sans entrer dans le local sinistré. Une vanne de sectionnement à l'intérieur de la chaufferie est une non-conformité majeure relevée systématiquement par tout organisme BELAC. Elle doit être clairement signalisée et accessible sans clé.

À quelle fréquence faut-il contrôler une chaufferie collective ?

Pour une installation gaz non-domestique (Pt ≥ 70 kW), le contrôle périodique d'étanchéité et de conformité par un organisme BELAC se fait selon les régions et l'usage : annuellement pour les installations sous accord régional spécifique (HoReCa, collectif sensible), tous les 2 ans en standard immeuble résidentiel collectif, tous les 3 ans pour certaines configurations industrielles avec maintenance interne qualifiée. Le contrôle de combustion (rendement, CO, NOx) reste sur un rythme imposé par la région : annuel en Bruxelles pour les générateurs ≥ 100 kW, biennal en Wallonie selon catégorie. En cas de doute, demandez à Atlas Pro un audit de votre obligation calendaire.

Une chaufferie en toiture est-elle autorisée pour le gaz naturel ?

Oui, et c'est même souvent la meilleure solution en bâtiment élevé. L'AR Incendie (annexe 4/1) autorise la chaufferie en toiture pour les gaz plus légers que l'air — ce qui est le cas du gaz naturel (densité ≈ 0,55). En toiture, le risque d'accumulation explosive en cas de fuite est nul puisque le gaz s'échappe naturellement vers le haut. Contraintes spécifiques : prévoir des supports d'appareil de levage si nécessaire pour les remplacements futurs, orifices de ventilation basse orientés vers les vents dominants (idéalement répartis sur 2 orientations opposées), débouché de cheminée d'au moins 1,5 m au-dessus de la sortie de toiture si la chaudière est atmosphérique.

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Fiche pratique chaufferie gaz ≥ 70 kW : seuil de puissance cumulée, local dédié REI 60 / EI 120, ventilation basse et haute, NBN B 61-001, contrôle périodique PEB des chaudières, dès 250 € TVAC