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CERGA · Gaine et appareil individuel · NBN B61-002

Tubage de cheminée pour appareil au gaz : C9, C5 et B2/B3 expliqués

Remplacer une vieille chaudière par un modèle à condensation impose presque toujours de tuber la cheminée existante : insérer un conduit d'évacuation neuf à l'intérieur de l'ancienne gaine maçonnée. Mais la méthode de tubage dépend entièrement du type d'appareil — C9, C5, B2 ou B3 — et certaines réutilisations sont tout simplement interdites. Cette page détaille les règles de tubage que les inspecteurs Atlas Contrôle (BELAC n° 663-INSP) vérifient sur site, à partir des référentiels CERGA et de la norme NBN B61-002.

Pourquoi tuber une cheminée existante

Une cheminée traditionnelle (boisseau en terre cuite, conduit maçonné) a été conçue pour évacuer les fumées chaudes et sèches d'une chaudière atmosphérique d'ancienne génération. Une chaudière à condensation moderne fonctionne tout autrement : elle récupère la chaleur latente des fumées, qui ressortent froides (40 à 60 °C), saturées d'humidité et acides (pH proche de 3-4).

Ces condensats acides attaquent les joints, traversent les boisseaux poreux, provoquent des taches d'humidité sur les murs et finissent par dégrader la cheminée de l'intérieur. De plus, le tirage faible d'un appareil à condensation ne « sèche » plus le conduit. C'est pourquoi la réglementation impose un conduit d'évacuation neuf, étanche et résistant aux condensats — le tubage — inséré dans l'ancienne cheminée, qui devient alors une simple gaine d'accueil.

Selon le type d'appareil, cette gaine joue un rôle différent : tantôt elle sert aussi à amener l'air comburant vers l'appareil (C9, variante C5), tantôt elle est simplement ventilée pour éviter une surchauffe (C5, B2/B3). Comprendre ce rôle est la clé de tout le dossier.

Les trois grands cas de raccordement

Le mode de tubage découle de la typologie de l'appareil (A / B / C). Trois familles concernent le tubage d'une cheminée verticale individuelle :

C9 — air par la gaine

L'air comburant descend dans l'espace entre le tubage et la gaine, les fumées remontent dans le tubage. L'appareil, le conduit et le terminal sont agréés CE comme un ensemble indivisible. Tubage rigide ou flexible.

C5 — conduits individuels

L'arrivée d'air et l'évacuation des fumées passent par deux conduits distincts, qui peuvent déboucher dans des zones de pression différentes (toiture + façade). La gaine est alors simplement ventilée.

B2 / B3 — appareil raccordé

L'appareil prélève son air comburant directement dans le local et n'évacue que les fumées par le tubage. Le local doit donc être ventilé selon la NBN D 51-003.

Schéma d'un appareil gaz C9 tubé : l'air comburant descend dans la gaine autour du tubage rigide ou flexible, les fumées remontent dans le conduit
C9 — air comburant (vert) dans la gaine, autour du tubage ; fumées (rouge) dans le conduit. Rigide ou flexible.
Schéma d'un appareil gaz C5 tubé : conduit d'air comburant et conduit d'évacuation des fumées individuels, gaine ventilée à l'air libre
C5 — air et fumées par deux conduits distincts ; la gaine est ventilée (mauve).
Schéma d'un appareil gaz B2 ou B3 raccordé : l'air comburant est prélevé dans le local, seules les fumées sont évacuées par le tubage
B2 / B3 — l'appareil prélève l'air comburant (vert) dans le local ; gaine ventilée (mauve).

Schémas d'après les fiches techniques CERGA « Gaine – appareil individuel » (fiches 1.3, 1.4 et 1.7). Légende : fumées · air comburant · aération de la gaine.

La règle d'or — souvent ignorée

Combustible solide ou liquide : ce qui change tout

Beaucoup d'installateurs croient qu'une cheminée « libre » peut accueillir n'importe quel appareil au gaz. C'est faux. Le critère décisif est de savoir si l'air comburant circule, ou non, dans la gaine.

✓ C5, B2, B3 — réutilisation autorisée

Le tubage peut être inséré dans une gaine ayant servi à l'évacuation d'appareils au gaz, au mazout, OU à un combustible solide (charbon, bois, pellets), voire dans une autre gaine étanche. Pourquoi ? Parce que le tubage est totalement indépendant : l'air comburant arrive par ailleurs (façade ou local), jamais par l'espace souillé de l'ancienne cheminée.

✗ C9 — réutilisation INTERDITE

Un appareil C9 ne peut pas être raccordé à une cheminée précédemment utilisée pour les fumées d'un appareil à combustible solide ou liquide (bois, charbon, pellets, mazout). Raison : en C9, l'air comburant circule dans l'espace entre le tubage et la gaine — il serait contaminé par les suies, goudrons et résidus acides de l'ancien combustible, ce qui fausse la combustion et présente un risque sanitaire.

C'est exactement le genre de point qu'un contrôle de pure forme laisse passer, et qu'un inspecteur BELAC relève. Atlas Contrôle recoupe systématiquement le type d'appareil installé avec l'historique de la cheminée.

Vérifications obligatoires de la gaine avant tubage

Avant d'insérer le moindre conduit, la gaine d'accueil doit être préparée et contrôlée :

  • Nettoyage préalable de la gaine existante que l'on souhaite réutiliser (ramonage, retrait des dépôts).
  • Vérification de l'état de la gaine, et obturation de toutes les trappes et ouvertures qui pourraient créer des fuites ou des prises d'air parasites.
  • Résistance au feu suffisante par rapport à l'espace situé à l'extérieur de la gaine. Les matériaux acceptés sont : la brique de terre cuite d'au moins une demi-brique d'épaisseur, le boisseau en terre cuite ou en béton, la gaine en fibres-ciment, ou un conduit de cheminée métallique existant.
  • Section suffisante pour l'air comburant (cas C9 et variante C5) : la surface disponible pour l'arrivée d'air, soit la section de la gaine moins celle des conduits insérés, doit valoir au moins 1,5 fois la somme des surfaces utiles des conduits d'évacuation des fumées, et ce sur toute la hauteur.

Enfin, règle absolue : aucun autre tuyau ni câble (eau, électricité, télécom) ne peut partager la gaine avec les conduits d'air comburant et d'évacuation des fumées.

Matériaux et mise en œuvre du tubage

Le conduit d'évacuation des fumées consiste en un tuyau épais en aluminium, un tuyau rigide ou flexible en inox, ou un conduit synthétique (PP, PE) résistant aux condensats. La mise en œuvre obéit à des règles précises :

Pose & maintien

  • Étayage en pied : le bas de chaque tubage supporte le poids du conduit et du terminal.
  • Espaceurs au moins tous les 2 m et à chaque raccordement, pour que le conduit ne touche pas la paroi de la gaine.
  • Assemblage du conduit et du terminal conformément aux prescriptions du fabricant.
  • Traversée de toiture (ou dalle de couverture) parfaitement étanche.

Sécurité & raccordements

  • Dans le local, le conduit de raccordement (entre l'appareil et l'évacuation) doit être en métal ou protégé par une gaine métallique.
  • Liaison équipotentielle : les conduits sont raccordés à leur base à la prise de terre du bâtiment.
  • Condensats évacués via un siphon vers l'égouttage interne, à un endroit où le débit d'eaux usées est suffisant.
  • En surpression : conduit au moins de classe de pression « P ».

Le conduit d'évacuation est dimensionné selon les consignes du fabricant ou, à défaut, selon la NBN B61-002 ou les calculs de la NBN EN 13384-1. Un conduit en surpression doit aussi vérifier que la pression réelle de l'appareil dépasse la perte de charge totale (arrivée d'air, clapet anti-retour, évacuation, terminal). Voir aussi nos pages sur les matériaux autorisés et interdits et les distances réglementaires du terminal.

Les 4 méthodes de tubage

Le référentiel CERGA distingue quatre techniques de tubage. Le choix dépend du tracé de la cheminée (droite ou dévoyée), de sa section et de l'appareil. Toutes doivent porter un marquage CE, résister aux condensats et aux températures produites, et être étanches à l'eau et aux gaz.

① Flexible métallique (inox / alu)

Bande métallique enroulée en spirale et agrafée. Il épouse les dévoiements et les coudes — la solution idéale pour une cheminée non rectiligne. On privilégie le flexible à paroi interne lisse : moins de perte de charge (meilleur tirage), l'eau ne stagne pas dans les nervures (moins de corrosion), et les coudes > 30° sont interdits. L'inox doit offrir une résistance à la corrosion et une épaisseur de paroi minimales.

② Tuyau métallique rigide

Inox ou aluminium épais, pour une cheminée droite et verticale. Meilleure tenue mécanique et perte de charge plus faible. Il est posé avec des supports capables de porter son poids et des espaceurs réguliers pour qu'il ne touche pas la paroi de la gaine.

③ Tuyau synthétique (PP / PPs)

Pour un conduit inadapté aux fumées humides de la condensation. La transition entre le conduit métallique de raccordement et le tubage synthétique doit impérativement se faire à l'intérieur de la gaine maçonnée (protection incendie). Un conduit synthétique sans enveloppe pare-feu est interdit à l'intérieur d'un bâtiment.

④ Chaussette fibre de verre (relining)

Connue sous les noms Furanflex ou Eco Liner : un film de fibre de verre imprégné de résine thermodurcissante est inséré du haut vers le bas, gonflé à la vapeur puis durci. On obtient un conduit homogène, lisse, étanche et sans soudure, résistant aux fumées jusqu'à 250 °C. Il convient à toutes les sections (carrée, rectangulaire, ovale), même fissurées, en individuel comme en collectif (variante Eco Liner+ pour reconvertir un ancien conduit shunt).

⚠️ Trois règles de pose souvent négligées

  • Jamais de contact entre métaux différents : un tubage inox au contact d'acier galvanisé, de fer à béton, de vis ou d'une pièce en aluminium crée un couple galvanique qui le corrode par électrolyse. D'où les espaceurs et des accessoires (colliers, terminal) du même métal que le tubage.
  • Tubage en une seule pièce : un manchon de raccordement intermédiaire dans un flexible métallique constitue un point faible — à proscrire.
  • Pente du tronçon de soutien ≤ 30° par rapport à la verticale, sans contre-pente où l'eau de condensation pourrait stagner et former un bouchon.

Conduit synthétique (PP / PPs / PVDF) : trois spécificités

  • Fumées ≤ 120 °C uniquement : le synthétique (conforme à la NBN EN 14471, marqué « T120 ») ne convient qu'aux fumées tièdes de la condensation. Les appareils basse température, convecteurs et foyers décoratifs, plus chauds, l'excluent. Le PVC et le PE, eux, ne résistent pas à la chaleur.
  • Forte dilatation thermique : le PP se dilate environ 12,5 fois plus que l'inox (~3 mm par mètre entre fumées chaudes et froides). Sans colliers fixes et coulissants — et des compensateurs au-delà de 3 m de tube rigide — il se déboîte, se fissure ou se déforme. Un tubage flexible synthétique absorbe naturellement cette dilatation.
  • Sensibilité aux UV — marquage « I » / « E » : exposés à la lumière du jour, le PP, le PPS et le PVDF deviennent friables et s'effritent. Le marquage CE distingue « I » (intérieur, sous gaine) et « E » (extérieur, résistant aux UV). Tout conduit ou terminal exposé au soleil doit être de type « E ».

Condensation et corrosion : le choix du matériau

Une chaudière à condensation rejette en continu une eau de condensation acide (pH 3,5 à 4, comme le vinaigre). Le matériau du tubage et la façon d'évacuer ce condensat sont donc décisifs : c'est là que se jouent la durée de vie de l'installation et sa conformité.

Pire : si l'air comburant contient du chlore (aérosols, laques, solvants, stockage de PVC), il se forme de l'acide chlorhydrique dans le condensat, qui ronge le métal par piqûres. Un appareil étanche (air pris à l'extérieur) y est bien moins exposé qu'un appareil ouvert (air du local).

La résistance des matériaux

Aluminium

Bonne tenue entre pH 3,5 et 8,5 (couche d'oxyde protectrice). Épaisseur ≥ 1,5 mm → ~30 ans. Particularité : il neutralise une partie du condensat acide. Mais sur un long conduit (> 4 m), l'oxyde d'aluminium peut boucher le siphon.

Inox

Qualités 316L (n° 1.4404) ou 316Ti (1.4571), épaisseur ≥ 0,6 mm. Très résistant, y compris à la corrosion par piqûres (molybdène). À l'inverse de l'alu, il ne neutralise pas le condensat, qui reste acide en aval.

Synthétique

Les qualités PP, PPS et PVDF résistent parfaitement au condensat. Idéales pour les fumées froides de la condensation, sous réserve de l'enveloppe pare-feu vue plus haut.

⚠️ Ne jamais combiner aluminium et inox

L'inox et le synthétique ne neutralisent pas le condensat. Si cette eau acide reflue vers un tronçon ou un appareil en aluminium, elle l'attaque en quelques mois (l'aluminium est moins « noble » que l'inox → électrolyse). La combinaison alu + acier galvanisé (colliers, vis) est pire encore. La règle d'or : recueillir et évacuer le condensat par un siphon AVANT qu'il n'atteigne l'aluminium ; pour un appareil alu raccordé à un conduit inox/synthétique, on prévoit deux évacuations de condensat séparées.

L'évacuation du condensat (souvent bâclée)

  • ~0,14 litre par kWh : dilué dans les eaux usées, il est généralement neutralisé. En grande installation ou sans dilution, on ajoute une unité de neutralisation (pH > 6,5).
  • Évacuation vers l'égouttage intérieur via un siphon, à un endroit à débit régulier — pas dans une rigole maçonnée (l'acide dissout le calcaire), pas vers la gouttière ou le mur extérieur (gel l'hiver = panne).
  • Une mise à l'air obligatoire entre le siphon de l'appareil et le siphon de l'égouttage : sans elle, une surpression se crée entre les deux siphons — erreur d'installation classique.
  • Conduit de condensat Ø ≥ 25 mm, pente ≥ 5 cm/m (3°). Tuyaux en inox ou synthétique (PVC, PP, PE) — jamais en acier, cuivre ou laiton, qui se corrodent vite.
  • Appareil B1 (chauffe-bain) : un siphon à flotteur se bouche quand il est sec, pour que les gaz de combustion ne s'échappent pas vers l'égout.
  • Appareil installé en cave, sous le niveau de l'égout : une pompe de relevage à flotteur est nécessaire.

Ventilation de la gaine et du local

Brûler 1 m³ de gaz naturel réclame environ 10 m³ d'air comburant et produit ~11 m³ de fumées. Amener cet air et évacuer ces fumées sans surchauffer la gaine est tout l'enjeu — et la première question est : faut-il ventiler l'espace entre le tubage et la gaine ? Cela dépend du type d'appareil.

✗ Pas de ventilation supplémentaire

Un flux d'air refroidit déjà l'espace :

  • Conduits concentriques C3 ou C4 : l'air comburant circule autour du conduit de fumée central et le refroidit.
  • C9, variante C9 ou variante C4 : l'espace libre entre tubage et gaine sert lui-même d'arrivée d'air comburant.

✓ Ventilation obligatoire

Rien ne refroidit l'espace, qui peut surchauffer :

  • Types B2, C3 parallèle, C4 parallèle, C5, variante C5, C8, variante C8 : l'espace libre n'achemine pas l'air comburant.
  • La gaine doit alors être reliée à l'air libre (détail ci-dessous).

Ventilation de la gaine (C5, B2/B3)

  • Tubage synthétique : un orifice d'au moins 50 cm² en haut (débouché à l'air libre, protégé de la pluie) ET un orifice d'au moins 50 cm² en bas (débouché à l'intérieur ou à l'extérieur du bâtiment).
  • Tubage métallique : un orifice d'au moins 50 cm² en haut de la gaine suffit (débouché à l'air libre, protégé de la pluie).

Ces ouvertures sont non obturables. Pour des fumées plus chaudes (poêle, cogénération) ou une puissance supérieure à 70 kW, il faut des ouvertures plus larges aux deux extrémités. Et lorsque plusieurs gaines se côtoient, vérifiez que l'ouverture basse débouche bien dans la bonne gaine : une erreur peut amener les fumées — et le CO — d'un appareil voisin chez vous.

Quand l'espace libre sert d'arrivée d'air comburant (C9 et variantes)

Pour les types C9, variante C9, variante C4, variante C5 et variante C8, l'air comburant arrive par l'espace libre entre le tubage et la gaine. Encore faut-il que cet espace soit suffisant :

  • Règle de calcul : la surface libre disponible doit valoir au moins 1,5 × la somme des sections internes des conduits d'évacuation. (Exemple : deux tubages Ø 80 dans un conduit de 20 × 20 cm passent ; trois tubages Ø 80 ne passent pas.)
  • Règle graphique (à l'échelle) : l'espace est suffisant si le jeu entre chaque tuyau et la paroi — et entre tuyaux — atteint ≥ 20 mm pour des conduits Ø ≤ 100 mm, ou ≥ 30 mm pour des conduits Ø > 100 mm.
  • Le syllabus Cerga fournit aussi un tableau « nombre maximum de tuyaux » par dimension de conduit existant (par exemple, un conduit de 30 × 30 cm accepte 5 tubages Ø 80).

Ventilation supplémentaire du local (variante C5)

Certaines configurations C5 exigent en plus une ventilation du local d'installation, réunissant trois conditions simultanées :

  • Une grille non obturable de 150 cm² au contact de l'air extérieur (amenée d'air de ventilation) ;
  • Un orifice de ventilation d'au moins 150 cm² en haut du local, entre le local et la gaine (ventilation naturelle) — ou un ventilateur de type salle de bains (ventilation mécanique) ;
  • Au-dessus de la toiture, dans la gaine, une ouverture de 150 cm² (sur une face latérale de la cheminée ou via un aspirateur statique).

Attention VMC : si le bâtiment dispose d'une ventilation mécanique générale (système B, C ou D), la gaine contenant les conduits individuels d'évacuation ne peut pas servir à la ventilation du local. Les deux fonctions doivent être séparées.

⚠️ Ventilation mécanique avec extraction + appareil ouvert au gaz

Dans un volume mis en dépression par une ventilation mécanique avec extraction (système C), un appareil ouvert à évacuation naturelle de type B1 est interdit : la dépression peut refouler les fumées dans le logement, et le coupe-tirage (TTB) n'est pas une sécurité fiable. Un appareil B2 y est déconseillé (la dépression d'environ 25 Pa s'ajoute à la contre-pression à vaincre, rarement tenable à régime partiel). Dans un volume ventilé mécaniquement, la bonne pratique est l'appareil étanche (type C).

Air comburant des appareils B2 / B3

Un appareil de type B prélève l'air comburant dans le local. Dans un bâtiment existant, cet air arrive via une ouverture non obturable directement vers l'extérieur, ou via maximum 3 ouvertures en série (1 arrivée d'air + 2 ouvertures de transfert maximum). La surface utile de ces ouvertures est déterminée par la NBN D 51-003.

Tableau récapitulatif des configurations de tubage

Synthèse des cinq configurations de tubage d'une cheminée individuelle, telles que les distingue le référentiel CERGA « Gaine – appareil individuel ».

Configuration Amenée d'air comburant Ventilation gaine / local Point clé
C9 — tubage rigide ou flexible Espace entre le tubage et la gaine (l'air comburant descend autour du conduit de fumée) Pas de ventilation de gaine séparée : la gaine EST le canal d'air comburant INTERDIT sur une cheminée ayant servi à un combustible solide ou liquide. Section d'air ≥ 1,5× la surface des conduits de fumée.
C5 — conduits individuels Conduit d'arrivée d'air dédié, débouchant en façade latérale Gaine ventilée à l'air libre : 50 cm² en haut + 50 cm² en bas (synthétique) ou 50 cm² en haut (métallique) Air et fumées peuvent déboucher dans des zones de pression différentes.
C5 — avec ventilation du local Conduit d'arrivée d'air dédié en façade latérale Ventilation du local en plus : grille 150 cm² + orifice 150 cm² en haut du local + ouverture 150 cm² au-dessus de la toiture Interdit d'utiliser la gaine comme ventilation du local si le bâtiment a une VMC mécanique (système B, C ou D).
C5 — variante, air par la gaine Gaine existante en série avec un tuyau reliant la gaine à l'appareil La gaine sert à l'amenée d'air : section ≥ 1,5× la surface des conduits de fumée sur toute la hauteur Débouché des fumées ≥ 0,30 m au-dessus des ouvertures d'arrivée d'air comburant.
B2 / B3 — appareil raccordé Air comburant prélevé dans le LOCAL d'installation Local ventilé via 1 ouverture directe extérieure, ou max 3 ouvertures en série (1 arrivée + 2 transferts) Surface utile des ouvertures déterminée par la NBN D 51-003. L'appareil consomme l'air ambiant : ventilation du local impérative.

Les terminaux et débouchés respectent par ailleurs des règles de hauteur : les ouvertures d'arrivée d'air du débouché doivent se trouver au moins 0,30 m au-dessus de la toiture ou de la cheminée (anti pluie/neige), et le débouché des fumées au moins 0,30 m au-dessus des ouvertures d'arrivée d'air comburant.

Ce que vérifie l'inspecteur Atlas Contrôle

Lors du contrôle gaz, le tubage d'une cheminée fait l'objet de plusieurs vérifications croisées :

  • Cohérence entre le type d'appareil (C9, C5, B2, B3) et le mode de tubage réellement mis en œuvre ;
  • Compatibilité de la gaine réutilisée avec l'ancien combustible (la règle C9 ci-dessus) ;
  • Présence, position et section des ventilations de la gaine et/ou du local ;
  • Étanchéité de la traversée de toiture et bon raccordement du conduit au terminal ;
  • Liaison équipotentielle en pied de conduit et raccordement des condensats au siphon ;
  • Agrément CE de l'ensemble (appareil + conduits + terminal d'une même marque pour les systèmes agréés en ensemble).

Un tubage non conforme est consigné sur le procès-verbal officiel. En cas de correction par un installateur agréé CERGA, Atlas Contrôle réalise une contre-visite ciblée (95 € TVAC) et délivre un nouveau PV si la conformité est rétablie.

Questions fréquentes

Peut-on réutiliser une cheminée existante pour une chaudière à condensation au gaz ?

Oui, à condition de la tuber. Les fumées d'une chaudière à condensation sont humides, acides et beaucoup plus froides (40 à 60 °C) que celles d'une ancienne chaudière atmosphérique. Les vieux boisseaux maçonnés ne sont pas étanches à ces condensats et se dégradent. La solution normalisée est d'insérer un tubage (rigide ou flexible) à l'intérieur de la cheminée existante, qui sert alors de gaine d'accueil. Le conduit existant doit d'abord être nettoyé, ses trappes obturées, et son état vérifié.

Quelle différence entre un tubage rigide et un tubage flexible ?

Le tubage rigide (inox ou aluminium épais) s'utilise quand la cheminée est bien droite et verticale : il offre une meilleure tenue mécanique et une perte de charge plus faible. Le tubage flexible (inox annelé) s'utilise quand la cheminée présente des dévoiements ou des coudes, car il épouse le tracé. Dans les deux cas, le conduit est étayé à sa base pour supporter son propre poids et celui du terminal, et des espaceurs sont posés au moins tous les 2 m pour éviter qu'il ne touche la paroi de la gaine.

Peut-on tuber une ancienne cheminée de feu à bois ou de mazout pour le gaz ?

Cela dépend du type d'appareil. Pour un appareil C5, B2 ou B3, oui : le tubage peut être inséré dans une gaine qui a servi au gaz, au mazout ou à un combustible solide (bois, charbon, pellets), car le tubage est totalement indépendant et l'air comburant ne circule pas dans la gaine. Pour un appareil C9, c'est INTERDIT : un C9 utilise l'espace entre le tubage et la gaine pour amener l'air comburant, qui serait alors contaminé par les suies et résidus de l'ancien combustible solide ou liquide. C'est l'une des distinctions clés que vérifie l'inspecteur.

Quels matériaux de tubage sont autorisés pour le gaz ?

Le conduit d'évacuation des fumées peut être en tuyau épais en aluminium, en inox rigide ou flexible, ou en matériau synthétique (PP, PE). Dans le local d'installation, le conduit de raccordement entre l'appareil et le conduit d'évacuation, ou le conduit extérieur d'un système concentrique, doit être en métal ou protégé par une gaine métallique. La gaine d'accueil elle-même doit présenter une résistance au feu suffisante : brique de terre cuite d'au moins une demi-brique, boisseau en terre cuite ou béton, gaine en fibres-ciment, ou conduit de cheminée métallique existant.

Faut-il ventiler l'espace entre le tubage et la gaine ?

Cela dépend du type d'appareil. Pour des conduits concentriques C3 ou C4, ou lorsque l'espace libre sert déjà à amener l'air comburant (C9 et variantes), aucune ventilation supplémentaire n'est nécessaire : un flux d'air refroidit déjà le conduit. En revanche, pour les appareils B2, C5, C8 et leurs variantes, où l'espace n'achemine pas l'air comburant, la gaine doit être reliée à l'air libre pour éviter une montée en température. Pour un tubage synthétique : un orifice non obturable d'au moins 50 cm² en haut (débouché à l'air libre, protégé de la pluie) ET un orifice d'au moins 50 cm² en bas. Pour un tubage métallique : un orifice d'au moins 50 cm² en haut suffit. Aucun tuyau ni câble supplémentaire ne peut être ajouté dans la gaine.

Quelle norme dimensionne le conduit de fumée après tubage ?

Le conduit d'évacuation des fumées doit être dimensionné selon les consignes d'installation du fabricant de l'appareil. En l'absence de celles-ci, on applique la NBN B61-002 ou les calculs de la NBN EN 13384-1. Un conduit individuel fonctionnant en surpression doit être au moins de la classe de pression « P », et la pression réelle de l'appareil doit être supérieure à la perte de charge totale du système (arrivée d'air, clapet anti-retour, évacuation, terminal). Un sous-dimensionnement provoque un mauvais tirage, de la condensation excessive et un risque de refoulement.

Le tubage d'une cheminée est-il vérifié lors du contrôle gaz Atlas Contrôle ?

Oui. L'inspecteur Atlas Contrôle vérifie la cohérence entre le type d'appareil (C9, C5, B2, B3) et le mode de tubage, la compatibilité de la gaine réutilisée avec l'ancien combustible, la présence et la section des ventilations, l'étanchéité de la traversée de toiture, la liaison équipotentielle, le raccordement des condensats au siphon, et l'agrément CE de l'ensemble. Un tubage non conforme est reporté sur le procès-verbal officiel ; selon la gravité, il peut entraîner une non-conformité et une contre-visite (95 € TVAC) après correction.

Qu'est-ce qu'un tubage par chaussette (Furanflex, Eco Liner) ?

C'est une technique de chemisage (relining) : un film de fibre de verre imprégné d'une résine thermodurcissante est inséré dans la cheminée du haut vers le bas, puis gonflé à la vapeur et durci sur place. La chaussette épouse la cheminée sans en réduire la section et forme un conduit homogène, lisse, étanche et sans soudure, résistant aux fumées jusqu'à 250 °C. En Belgique, ce système est surtout connu sous les noms Furanflex et Eco Liner. Avantage : il s'adapte à toutes les sections (carrée, rectangulaire, ovale) et même aux conduits fissurés, en individuel comme en collectif (variante Eco Liner+ pour transformer un ancien conduit shunt). Le durcissement prend de 1 à 5 heures selon la longueur et le diamètre.

Peut-on combiner de l'aluminium et de l'inox dans un conduit de fumée ?

Non, c'est fortement déconseillé. L'inox (comme le synthétique) ne neutralise pas le condensat, qui reste acide. Si cette eau acide reflue vers un tronçon de conduit ou un appareil en aluminium, l'aluminium — moins « noble » que l'inox — est rapidement attaqué par électrolyse. La combinaison aluminium + acier ou acier galvanisé (colliers, vis) est encore pire : l'oxyde de fer corrode l'aluminium. La bonne pratique est de recueillir et d'évacuer le condensat par un siphon avant qu'il n'atteigne le moindre élément en aluminium, et de prévoir deux évacuations de condensat séparées pour les appareils en aluminium raccordés à un conduit en inox ou synthétique.

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